babyo

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Posté le: 25 Fév 2005, 22:36 Sujet du message: Les lingettes jetables... |
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Pratiques, mais quid de notre santé et de l’environnement ?
Els De Geest
Réseau Eco-consommation
Septembre 2004
1 Le confort a son prix… et produit des déchets
Combien coûtent les lingettes ? Combien de déchets produisent-elles ? L’Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable a tenté de répondre à cette question dans une étude effectuée en 2001:
Un ménage ayant un jeune enfant qui utilise 3650 lingettes par an (10 par jour) produit 23 kg de déchets supplémentaires et dépense 212 euros
2 La compostition des lingettes
2.1 Le tissu
Le tissu est en général un mélange de plusieurs fibres :
·polyester
·viscose
·cellulose
La cellulose, matière végétale et biodégradable, est souvent utilisée pour les lingettes désinfectantes.
Le polyester est une fibre purement synthétique et non biodégradable. Il est très résistant, d'où sa popularité pour les lingettes qui sont plus rudement mises à l'épreuve, comme pendant le nettoyage.
La viscose, produite à partir de pâte de bois, se laisse facilement imprégner, est absorbante et douce tout en étant résistante et biodégradable. Elle est souvent utilisée pour les lingettes "soins du corps".
Dans le cas des les lingettes pour les fesses de bébé, il s’agit en général d’un mélange polyester-viscose.
S'il est vrai que la cellulose et la viscose sont des fibres biodégradables, il faut relativiser: dans une décharge, la dégradation des déchets est extrêmement lente, et les lingettes sont imprégnées de produits qui ne favorisent certainement pas la bonne décomposition.
Comme les lingettes jetables ne peuvent en général pas aller au compost, ne sont jamais recyclables ni réutilisables, elles deviennent bel et bien un déchet embêtant dès la première utilisation. Les matières premières sont irrémédiablement perdues...
2.2 Les produits d’imprégnation
Souvent, les fabricants imprègnent les lingettes de substances adoucissantes telles que la camomille ou l’aloe. Jusque là, aucun problème… Mais bien d’autres ingrédients peuvent irriter la peau sensible de bébé ou menacer sa santé.
Le magazine allemand Ökotest a examiné la composition des lingettes (lotion ou huile) à plusieurs reprises. Voici ce qui est sorti des derniers tests (mai 2004) :
2.2.1 Les parfums
Les parfums sont une des causes principales d’allergies de contact. Ils peuvent, dans cas extrêmes, provoquer des difficultés respiratoires.
Deux produits testés sur 17 étaient sans parfum. Dans une marque de lingettes, les chercheurs ont trouvé des muscs polycycliques, entre autres un composé nitro-musqué, le musc cétone. Des substances pareilles ne sont pas vraiment à leur place dans un produit de soins pour bébés. Le dossier technique sur les odeurs (mai 2002) nous donne l’information suivante à leur sujet :
·Les muscs polycycliques se dégradent difficilement dans la nature, sont toxiques pour les algues et les invertébrés, ont des effets sur la croissance de certains poissons. En contact avec la peau humaine, ils la traversent et se fixent dans les graisses, où ils s’accumulent. Leurs effets sur la santé n’ont pas encore été mis en évidence. Mais on les suspecte d’être cancérigènes. On en trouve partout : savons, shampooings, laits corporels, lotions après-rasage, parfums, produits d’entretien, poudres à lessiver, désodorisants...
·Le musc cétone utilisé actuellement était anciennement utilisé comme désherbant.
·Le musc ambrette est également utilisé. Ces substances causent des irritations de la peau ; le musc ambrette est considéré par l’IFRA comme neurotoxique.
Que dit la législation au sujet des parfums ?
Le domaine de la parfumerie et des odeurs est très peu réglementé. Il n’y a pas d’obligation légale de tester les produits odorants avant de les mettre sur le marché ou de les inclure dans la composition d’autres produits. Les fabricants ne sont pas non plus obligés de mentionner en détail quelles sont les substances utilisées comme parfum. Dans la liste des ingrédients, il est souvent marqué « parfum », tout simplement.
L’IFRA, l’Association Internationale de la fragrance (IFRA), fondée en 1973 et composée de plus de 100 fabricants de parfums à travers 15 pays, a cependant élaboré un code de bonnes pratiques.
La liste des substances utilisées comme parfum est longue et il est difficile sinon impossible de donner des informations sur les effets sur la santé de chacun d’eux.
A titre d’exemple, voici quelques substances couramment utilisées :
Amyl cinnamal, Amylcinnamyl alcohol, Benzyl alcohol, Benzylsalicylate, Cinnamyl alcohol, Cinnamal, Citral, Coumarin, Eugenol, Geraniol, Hydroxycitronellal, Lyral, Isoeugenol,… (liste non exhaustive, bien sûr).
Le terme "hypoallergénique", quant à lui, signifie littéralement "qui réduit les risques d'allergie", mais ce terme n'a aucune valeur légale. Bien souvent ce terme signale juste l'absence de parfum.
Il en est de même pour « testé sous contrôle dermatologique » : cette mention n’a aucune valeur légale.
2.2.2 Les émulgateurs
Les émulgateurs sont nécessaires pour faire le mélange huile / eau. Ces substances jouent également un rôle de nettoyant. Les émulgateurs utilisés sont entre autres des PEG ou dérivés de PEG (polyéthylène glycols), des substances controversées.
Ces substances rendent, dans certaines circonstances, la peau plus perméable.
Comment les reconnaître ? Les dérivés de PEG sont souvent mentionnés dans la liste des ingrédients comme des mots composés avec « PEG » ou avec un chiffre + « eth », par exemple ceteareth-33, ou comme polyglycol, polysorbate ou copolyol.
2.2.3 Autres substances à éviter
Les matières grasses dérivées du pétrole
Les matières grasses dérivées du pétrole s’appellent :
-Paraffin
-Microcrystalline Wax
-Petrolatum
-Mineral Oil
Ces substances sont nettement moins chères que des huiles végétales mais posent un film sur la peau qui perturbe la régulation de l’humidité.
Le formaldéhyde
Dans une marque de lingettes, les chercheurs de l’étude commandée par Ökotest ont trouvé une substance susceptible de libérer du formaldéhyde.
Plusieurs substances utilisées dans les cosmétiques ont cette propriété. Il peut s’agir entre autres de :
·Imidazolidinyl-Urea (ou urée d’Imidazolidinyl)
·Bronopol
·2-Bromo-2-nitropropane-1,3-Dioxane
·Diazolidinyl-Urea (ou urée de Diazolidinyl, Diazolidinyl urée,…)
·DMDM Hydantoin
Pourquoi éviter le formaldéhyde ? Ce qu’en dit Françoise Jadoul dans son livre « La terre est notre maison » n’a rien de réjouissant : « Le formaldéhyde est un gaz incolore, à odeur piquante et pénétrante. Il sert de solvant et de produit de conservation. Très soluble dans l’eau, le formaldéhyde pénètre facilement dans nos muqueuses et est à l’origine de symptômes divers chez les personnes sensibles : irritations de la peau (rougeur, eczéma), des yeux (conjonctivite), du nez et de la gorge (toux, rhinite, sinusite), allergies, asthme, maux de tête, fatigue, nausées, vertiges, otites,… Le formaldéhyde est classé par IARC (International Agency for Research on Cancer) comme un cancérigène humain probable. »
Les composés organohalogenes
Les mots composés avec « bromo », « iodo » ou « chloro ».
Autres
·Les diethyl phtalates servent à dénaturer l’alcool (rendre l’alcool impropre à la consommation). Ces substances pénètrent dans les cellules au contact de la peau, modifient la composition du sang et auraient des effets négatifs sur le système hormonal. Ce genre de substances ne se retrouvera jamais sur une étiquette : seule une analyse en laboratoire peut montrer si un produit contient du diethylphtalate.
·Les lingettes contiennent-elles des dioxines ? Ces substances très toxiques sont en général présentes dans les produits blanchis au chlore (papier, textile,…). L’OMS les a reconnues comme cancérigènes ; elles sont en outre soupçonnées de dérégler le système hormonal ainsi que le système immunitaire, d’être à l’origine de troubles de la fertilité et de perturber le développement neurologique.
2.2.4 Conclusion ?
La peau d’un bébé est jusque 5 fois plus fine que la peau d’un adulte. Elle est plus vite sèche, irritée, sensibilisée. Si en plus elle est perméabilisée par certains produits peu recommandables… c’est la porte ouverte à d’autres tout aussi peu recommandables.
Il semble donc judicieux d’éviter au maximum l’utilisation de lingettes et d’en réserver l’utilisation au déplacements.
Un gant de toilette est certes un peu moins pratique, mais il ne soulève pas autant de questions et coûte en tout cas nettement moins cher.
3 Alternatives
·Du simple papier toilette ou un papier absorbant peut enlever « le plus gros ».
·Un gant de toilette, un peu d'eau, un savon ou un produit "sans savon" si nécessaire sont aussi efficaces qu’une lingette et bien plus économiques. Une étude sur les produits d'hygiène (Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable, 2000) a évalué à 30 g la production annuelle de déchets de papier due à l'utilisation d'un savon pour l'hygiène d'un ménage de 4 personnes.
·Des lingettes lavables existent.
4 Sources
·Plusieurs test publiés dans « Ökotest » à consulter sur www.oekotest.de :
-Mai 2004 – Babyfeuchttücher
-Ratgeber Kleinkinder 2004 – Babyöltücher
-Jahrbuch Kleinkinder für 2004 – Baby-Waschtücher
·Le marché des odeurs - Dossier technique. Réseau Eco-consommation, mai 2002.
·La terre est notre maison. Françoise Jadoul, Editions Luc Pire, 2002, www.lucpire.be
·Etude produits « Lingettes » de l’OBCD, 2001. www.observ.be
·Des lingettes pour tout et pour tous ? Els De Geest. Dossier paru dans La lettre de l’éco-consommation n° 41, mars 2004, www.ecoconso.be
·Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables. Anne-Sophie Ourth, thèse annexe présentée en vue de l’obtention du grade de docteur en environnement, Faculté Universitaire des sciences agronomiques de Gembloux, 2003, www.labreabebes.free.frs |
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